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lundi 25 juillet 2016

De l'importance du calcul en résumé

Faire une réduction consiste à restituer un texte sous une formé écourtée, avec un nombre de mots imposé. Dans la plupart des écoles, on vous indiquera directement un nombre de mots (ex : Contractez le texte en 300 mots), ainsi qu’une marge de dépassement (généralement de 10%) à calculer.

Prenez garde à la marge!!

Il peut s’agir d’une simple « marge » ou d’une « marge globale ».

Lorsqu’on vous donne une « marge » de 10% pour un résumé de 200 mots, on vous permet d’écrire un texte 10% plus court ou 10% plus long. Votre résumé doit donc faire minimum 180 mots, et maximum 220 mots.

En revanche lorsqu’on vous donne une « marge globale » de 10%, on vous donne un écart « global » de 10%. Ainsi, au lieu de pouvoir faire 10% en plus ou 10% en moins, vous ne pouvez dépasser que de 10% EN TOUT autour de ces 200 mots. C'est-à-dire que vous ne pouvez faire que 5% de moins et 5% de plus. Si on vous donne une marge globale de 20%, vous pouvez faire 10% de mots en plus et 10% de mots en moins, si on vous donne une marge globale de 50% vous pouvez faire 25% de mots en plus et 25% de mots en moins, le principe est toujours le même.

Voilà une petite illustration, et un récapépèt de maths pour ceux qui ont brûlé leurs cahiers après le bac :



Il est très important de ne pas confondre les deux marges (et en règle générale, de ne pas se tromper sur sa marge de mots) car un mot en plus ou en moins vous garantira un 0 à l’épreuve, ce qui est une note éliminatoire…

Et maintenant, la minute comique – non mes ami(e)s, vous n’avez encore rien vu : comme je l’ai dit, on vous fournira le nombre de mots à respecter dans toutes les écoles. Toutes ? Non ! Car au fin fond du Nord une école d’irréductibles sadiques résiste encore et toujours à la charité humaine.

Au concours de la Salpêtrière, il vous sera demandé de déterminer vous-même le nombre de mots et la marge, en réduisant, par exemple, « entre le quart et le 5ème ». Il  vous faudra donc compter les mots du texte un par un (quel humour n’est ce pas ?), et diviser ce nombre par 4 et par 5. Vous obtiendrez ainsi le quart et le cinquième de votre texte, représentant le nombre minimum et le nombre maximum de mots de votre résumé.

Une autre petite illustration (dans les couleurs pastel de votre enfance, en référence aux cours de maths de CE2) pour ceux qui sont fâchés avec la division euclidienne.



Vous trouverez donc toujours à l’UPMC des marges de 200 voire 300 mots, ce qui peut être un avantage comme un inconvénient. Il est conseillé, une fois que vous avez déterminé votre marge, de la resserrer d’une dizaine de mots au cas où vous auriez fait une erreur en comptant les mots du texte (ex : si vous avez trouvé que votre résumé doit contenir entre 230 et 564 mots, faites le tenir entre 240 et 554). 
Et pour parfaire la mesquinerie de cette épreuve de la Salpé, votre résumé devra être rédigé dans une grille, chaque case blanche laissée au milieu d’un paragraphe et chaque case contenant plusieurs mots (au cas où vous auriez voulu supprimer ou ajouter des mots au dernier moment) vous rapportant des points en moins.


Chaque école peut fournir ses consignes particulières (rédiger dans une grille, dessiner une barre tous les 20 mots, écrire au stylo noir et non pas à l’encre bleue…), dont le non-respect peut être éliminatoire. Elles ne sont jamais complexes : elles visent uniquement à éliminer les candidats étourdis et alléger le travail des correcteurs (qui a dit que les concours récompensaient le travail ?). Bien lire les indications fournies sur la convocation, et relire les consignes du sujet avant de recopier au propre, suffit généralement à éviter les bévues.

Il est recommandé, dans l’année de s’entraîner sur chaque résumé réalisé à la maison à compter les mots du texte et à calculer les marges. Même s’il vous semble laborieux et rébarbatif de vous remettre à la division euclidienne, imaginez ce qu’il en sera lorsque vous serez devant votre sujet ! Si vous n’avez pas suffisamment pour être à l’aise avec des divisions sommes toutes simples, vous paniquerez devant votre feuille et vous perdrez votre temps et votre concentration – pire, vous raterez vos calcul, avec le risque de vous faire éliminer sottement.


(Message de la marge globale)
Cette hantise bien compréhensible vis-à-vis d’un calcul qui demeure néanmoins à la portée d’un élève de CE2 ne vaut vraiment pas que vous gâchiez les efforts d’une année.

Et maintenant, tout le monde va réviser ses tables de multiplications !

jeudi 14 juillet 2016

La prépa psychomot : pour qui ?

Lors de notre premier cours de Biologie, notre professeur nous a pris entre 204 yeux (200 à nous, la promo, et 2 à lui), et nous a dit la chose suivante :

« Nous allons commencer l’année par des rappels de Physique/Chimie et de Biologie. A la fin de ce premier cours, tout le monde en sera au même niveau de connaissances, quelles que soient vos formations précédentes. Je ne veux pas entendre « J’y arrive pas parce que j’étais en ES/L nanana ». Tout-le-monde-sera-au-même-niveau ! »



Les sites d’orientation décrivent le métier et la formation en psychomotricité comme un parcours plutôt scientifique, et mentionnent généralement qu’un bac S est préférable pour s’y lancer. Mais ce n’est absolument pas un pré-requis : le programme de la prépa peut être appréhendé par tout le monde. Certes, les étudiants qui seront passés par une filière scientifique auront davantage de facilités à approfondir un programme qu’ils ont déjà étudié. Néanmoins, il s’agit réellement de bases de biologie, dont la compréhension ne nécessite pas de connaissances scientifiques préalables. Par ailleurs, seuls les rudiments de neurologie étudiés en prépa seront repris durant la formation  en école de Psychomotricité. Si bien qu’en arrivant en première année, tous les étudiants en seront rigoureusement au même niveau d’ignorance.

« Les personnes qui s’engagent dans des études de psychomotricité ne sont pas là par hasard. » nous ont répété nos formateurs à Expersanté » (ma prépa, dont je vous parlerai ultérieurement). C’est un métier qui attire des profils très différents par sa philosophie : son appréhension holistique du rapport corps/esprit, sa relation professionnel/patient, son regard particulier sur le handicap…A mon sens, ce parcours attire moins par son aspect scientifique que par son aspect humain. Ceci explique peut être la diversité des formations des étudiant(e)s de ma promo, laquelle comptait en outre de nombreuses reconversions professionnelles.

Pour illustrer mon propos, voici le témoignage de mon amie Myriam, qui a entamé sa reconversion professionnelle après une formation économique :


« Pour expliquer comment j’ai appréhendé cette année de prépa il me semble intéressant de revenir sur mon parcours.
J’ai 31 ans et j’ai évidemment eu mon bac ES il y à maintenant une bonne dizaine d’années. J’ai toujours été une élève moyenne. J’aurais souhaité faire un bac S mais n’ayant pas le niveau nécessaire en mathématiques et en physique, j’ai suivi les copains et les copines en bac ES sans trop penser à l’avenir. Pour faire plaisir à papa et maman, j’ai ensuite entamé des études de droit, avant de me réorienter une première fois en Ecole de Commerce.

Après avoir été diplômée en 2009, j’ai essentiellement travaillé en import/export et en banque. Burn out en 2013, je décide de partir une année en Australie (en plus le WHV n’est délivré que jusqu’à 30 ans, il fallait donc en profiter rapidement !). Sur place je voyage en faisant du wwoofing. Dans l’une des fermes dans lesquelles j’ai travaillé je rencontre Flore. Flore est psychiatre à Marseille et surtout une super copine à l’écoute. Alors non, elle ne m’a pas psychanalysée, mais, en discutant, j’ai pu faire le point sur ce que je ne voulais pas faire, ce que je voulais faire, ce que j’aimais et n’aimais pas faire, mais aussi sur ce que je serais capable ou incapable de faire. A ce moment-là je ne connaissais pas encore le métier de psychomotricienne.

En revenant en France, j’ai effectué quelques recherches sur les métiers du paramédical. J’ai évidemment regardé les débouchés (et pour psychmot’ il y a très peu de chômage), la durée des études (et oui à 30 ans on ne se lance pas dans 3+1 années d’études sans être sûre de soi, de ses finances et du soutien de son entourage), le type de concours (bio et français je me suis dit easy…), le salaire de départ (juste pour savoir à quoi m’attendre car on ne choisit pas ce métier pour faire fortune) et surtout en quoi consiste le métier. La psychomotricité admet la consubstantialité (petite dédicace à Mme Beulé [Nb : notre prof de français] au passage) du corps et de l’esprit. Différentes expériences personnelles m’ont effectivement démontré que l’esprit a un pouvoir immense sur le corps.

Avant de choisir ma prépa, ma première difficulté fut de convaincre ma conseillère Pôle Emploi de la nécessité de me reconvertir. Même si la psychomotricité est selon leur propre terme un métier « en tension » (= très demandé et peu de candidats), j’ai un Master d’Ecole de Commerce. Ma conseillère ne voyait pas pourquoi je voulais changer de métier avec mon CV, mes diplômes, et les offres de travail disponibles. Il fallut que je prouve ma motivation en montant un véritable dossier : 3 interviews de psychomotriciens différents, une lettre de motivations, 2 devis de prépas différentes (pour éventuellement m’en financer une) et des tests en ligne. J’aurais également dû faire un stage de 2 semaines mais impossible de trouver un tuteur dans les délais accordés par Pôle Emploi. Finalement ils n’ont pas financé la prépa car cette année n’est pas diplômante et coûte trop cher (environ 4000€) selon leur budget

J’ai tout de même choisi Expersanté, qui n’est pas du tout la plus abordable des prépas, mais surement l’une des meilleures. Les professeurs sont très disponibles et nous encouragent toute l’année. Des coachs nous aident à surmonter les difficultés de l’année. Car cette année de prépa n’est pas de tout repos. Le travail personnel est important et doit être régulier pour ne pas se trouver débordé à la dernière minute. Pour les plus désorganisés, je conseillerais de vous faire un planning réaliste et de vous y tenir. Ne pas oublier d’y inclure quelques heures de sport et de détente pour ne pas devenir zinzin. Malgré tout le stress peut vite nous rattraper. Chacun gère ce moment à sa manière, comme il le peut. En ce qui me concerne, j’ai craqué à plusieurs reprises. Les coachs (et les copines) m’ont aidée à prendre du recul et à relativiser l’esprit de compétition qui peut parfois pourrir les rapports avec autrui. Les séances de relaxation ont également été salvatrices. Au fil du temps je me suis détendue, peut-être un peu trop même. Les concours s’étalant de mi-février à mi-mai, il est préférable de garder le rythme après la fin des cours (début avril) afin d’être dans le bain le jour J.

Il faut être conscient que cette année de prépa demande un engagement entier de notre part. Oubliez l’idée de travailler tous les WE à côté. Vous n’aurez ni le temps ni l’énergie. Et parce qu’après l’effort vient l’heure du réconfort,  je peux vous dire que ceux qui ont travaillé toute l’année ont réussi un concours voire plusieurs !!!

Après 8 mois de labeur je déguste enfin une (bon ok quelques) pinte(s) à la terrasse d’un troquet en suivant l’Euro (Allez les bleus !!) sans culpabiliser. »




Naturellement, Myriam a décroché plusieurs concours ;)

J’espère que ce témoignage vous aura inspiré, et aura permis de démontrer mon propos : en psychomotricité, seule compte la motivation !